Description du projet : Un Système d’Information Géographique (SIG) est un système informatique de gestion de bases de données qui permet de réaliser des cartes et des requêtes géographiques sur un territoire. Une infrastructure de données géographiques est un réseau permettant la circulation de données des SIG. Le Conseil Régional de Picardie est à l’initiative du projet GéoPicardie auquel se sont associés l’Etat, le Département de l’Aisne, le Département de l’Oise et le Département de la Somme. GéoPicardie repose sur la mutualisation des informations géographiques acquises par les collectivités du territoire. Le partenariat établi a pour but de favoriser les économies d’échelles et de donner une cohérence dans la production et la gestion de l’information géographique en Picardie.
Type d’initiative : Création d’un réseau d’échange d’informations géographiques en Picardie porté par la Région Picardie, l’Etat, le Département de l’Aisne, le Département de l’Oise et le Département de la Somme.
Territoire de projet : Le territoire de la région Picardie
Porteur(s) du projet : Région Picardie, Etat (SGAR), Département de l’Aisne, Département de l’Oise, Département de la Somme
Date de lancement : 2007
Avancement (à la date de recueil) : Projet en phase de déploiement. Les acteurs ont formalisé le réseau. Certains outils doivent encore être développés
Date de recueil de l’information : Novembre 2010
Cibles : Les membres du partenariat et tous les acteurs publics qui souhaitent s’associer à GéoPicardie.
Dès 2006, les responsables des Systèmes d’Information Géographique (SIG) de Picardie se réunissent à l’Université de Technologie de Compiègne pour échanger sur leurs pratiques et leurs besoins. Un réseau informel voit le jour.
Ces réunions permettent d’établir plusieurs constats :
En 2007, M. Cédric Ansard, responsable du département SIG et Observation du Conseil Régional de Picardie, et ses homologues des Départements de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme décident de travailler à ce formalisme. L’Etat (via le Secrétariat Général pour les Affaires Régionales - SGAR) décide d’intégrer immédiatement le programme, ce qui permet de travailler à une réelle cohérence sur tout le territoire.
GéoPicardie s’inscrit dans le cadre de la directive européenne Infrastructure for Spatial Information in the European Community (INSPIRE).
Votée le 14 mars 2007, cette directive vise à faciliter les échanges d’informations environnementales ou pouvant avoir un impact sur l’environnement.
L’Europe est également partenaire du projet : des fonds FEDER sont mobilisés pour GéoPicardie.
GéoPicardie a pour ambition de :
L’objectif premier est de faciliter l’accès à l’information pour tous les acteurs de la sphère publique, et de développer une synergie entre les acteurs des SIG en région Picardie.
Par exemple, les achats groupés permettent de réaliser des économies pour chaque structure et de disposer de données communes et cohérentes.
Les porteurs du projet souhaitent également s’investir dès aujourd’hui dans la mise en œuvre de la directive INSPIRE, qui vise à terme à harmoniser les données géographiques sur le territoire de l’Union Européenne : http://inspire.jrc.ec.europa.eu/index.cfm/pageid/48.
La Région Picardie est à l’initiative de GéoPicardie.
Elle n’en est cependant pas seule responsable.
En effet, les membres de GéoPicardie décident systématiquement en commun des décisions à prendre. Ainsi, la gouvernance du projet est partagée entre les cinq membres :
Ces acteurs signent le 27 août 2008 une convention cadre afin de formaliser le réseau. Le document a pour objectif de fixer le fonctionnement du partenariat.
Ce document précise également que les signataires de la convention sont dénommés « membres » de GéoPicardie.
D’autres organisations peuvent entrer dans le projet : ils sont alors appelés « tiers bénéficiaires ».
L’entrée dans le partenariat est décidée en comité de pilotage. Jusqu’à présent, deux comités de pilotage ont permis de faire entrer ces « tiers bénéficiaires ».
Le FEDER prend part au projet en tant que financeur, pour l’acquisition de nouvelles données géographiques et pour le portail.
GéoPicardie permet de faciliter l’accès à l’information géographique en Picardie.
Grâce à ce programme, les collectivités peuvent accéder plus facilement à de l’information de qualité et éviter d’acquérir des données déjà en possession d’autres « membres » et « partenaires » de GéoPicardie.
Ainsi, un catalogue comprenant les données de chaque collectivité a été conçu. Ce dernier permet aux collectivités de ne pas acquérir de données déjà en la possession d’autres membres du réseau. Ce qui permet de réaliser des économies financières conséquentes.
A l’heure actuelle, lorsqu’une organisation souhaite accéder à des données, elle doit les demander au tiers-bénéficiaire qui en est le dépositaire. Afin de faciliter l’accès et l’échange des données, le catalogue sera porté sur un site Internet qui pourra également permettre le téléchargement des données. Ce portail sera accessible courant 2011.
La convention cadre réunissant tous les acteurs du projet n’intègre pas d’accords financiers.
Elle repose sur les principes suivants :
Des projets opérationnels peuvent impliquer un engagement financier. Dans ce cas, une convention de groupement de commande est signée. Elle détermine la part du coût que chacun prendra en compte.
Cette mise en commun de fonds permet d’acquérir des fonds de carte auprès de l’IGN, de NAVTEQ ou d’autres données cartographiques numériques comme des photographies aériennes haute résolution.
Au-delà des cinq membres signataires de la convention cadre (Région Picardie, Département de l’Aisne, Département de l’Oise, Département de la Somme, Etat), d’autres acteurs public (ou ayant une mission de service public) peuvent accéder aux données.
Pour cela, ils doivent s’engager à partager leurs propres données géographiques. A ce jour, vingt-huit organisations sont ainsi « partenaires » de GéoPicardie.
GéoPicardie fonctionne sur une logique de « gagnant-gagnant ». En adhérant, la collectivité met à disposition du réseau ses données et récupère par ailleurs un accès à toutes les données du réseau.
Dans le cadre de la directive INSPIRE, il est envisageable que ces données géographiques puissent être visualisées par le grand public.
Chacun des cinq membres de GéoPicardie participe financièrement au projet global.
La convention cadre du projet n’intègre pas d’accords financiers. L’acquisition de données est régie par des conventions annexes à la convention cadre. La répartition financière entre les membres du réseau est variable en fonction de la particularité des données à acquérir.
En général, la collectivité qui a la maîtrise d’ouvrage sur un projet d’acquisition participe financièrement à hauteur de 20% du coût, une part variable entre 40 % et 50 % est financée par le FEDER, le reste est réparti entre les autres membres du réseau.
M. Ansard estime que la somme des données accessibles via GéoPicardie représente plus d’un million d’euros.
Afin de développer ce site, plusieurs solutions techniques sont envisagées. Lors de la rédaction de cette monographie, les responsables de GéoPicardie n’ont pas encore arrêté leur choix sur une solution technique particulière.
Le projet repose sur une gouvernance à parts égales entre l’Etat, la Région et les Départements picards. Cette organisation est facilitée par le fait que les Départements sont peu nombreux (trois).
La convention cadre signée en 2008 a permis la création d’un comité de pilotage, composé de représentants des cinq membres de GéoPicardie.
Ce dernier a pour rôle de donner les orientations au projet et de valider l’entrée de collectivités territoriales dans GéoPicardie.
En septembre 2009 et en juin 2010, les responsables de GéoPicardie se sont réunis afin de valider l’entrée de nouveaux acteurs dans le projet.
Lors de la réalisation de cette monographie, vingt-huit structures ont été intégrées dans le projet GéoPicardie.
Par ailleurs, un comité technique se réunit plus régulièrement (au moins une fois par trimestre). Il permet notamment de suivre l’acquisition des différents référentiels, et de préparer l’entrée de nouveaux tiers bénéficiaires.
Pour faciliter la coordination du projet, différents outils ont été mis en place, et notamment :
Lorsque le site internet sera opérationnel, les acteurs de GéoPicardie disposeront d’un outil de gestion de bases de données géographiques en ligne. Plusieurs solutions techniques sont en cours d’examen.
La mise en œuvre du projet n’a pas nécessité la création d’une structure morale.
Pour la Région Picardie, quatre personnes sont partiellement mobilisées sur le projet.
M. Cédric Ansard, responsable du projet, et trois agents pour une partie de leur temps.
L’organisation des ressources humaines est similaire pour les autres membres du comité de pilotage. Une personne est nommée responsable, la réalisation du projet est assurée par tous les techniciens des SIG. A l’heure actuelle, aucun poste n’est donc spécifiquement dédié à GéoPicardie. Les personnes interviennent en fonction de leurs compétences sur le sujet abordé.
Dans le courant de l’année 2011, un poste dédié à la gestion de GéoPicardie sera créé. Il s’agira d’un poste d’animateur du partenariat et d’administrateur du portail.
La communication interne est assurée par des échanges de mails, des appels téléphoniques, le dépôt de documents sur la plateforme eGroupeware et des réunions régulières.
Lors de la réalisation de cette monographie, aucune communication externe particulière n’a encore été mise en œuvre.
M. Cédric Ansard peut informer les responsables des autres plateformes régionales lors de rencontres ou d’événements de coordination.
A court terme, un site internet sera mis en ligne, à destination des membres et partenaires du projet. L’objectif du site sera de faciliter les échanges et l’accès aux bases de données géographiques de GéoPicardie. Ce dernier absorbera également les données disponibles sur eGroupeware, les documents, les bases de données et les référentiels.
Ces données seront protégées par un système d’identification.
L’ouverture de ce portail sera l’occasion de développer une communication sur GéoPicardie.
4.1.1 Les objectifs réalisés
L’objectif premier de GéoPicardie, qui est de créer un lieu de partage de l’information et de développer une cohérence des données sur le territoire, est atteint. Désormais, les membres de GéoPicardie ont mis en commun un grand nombre de leurs données géographiques.
Par ailleurs, GéoPicardie permet d’acquérir de nouveaux référentiels et les droits qui y sont associés. Quatre conventions de commande ont déjà été réalisées, coordonnées par chacun des Départements et par la Région.
Il reste désormais à harmoniser les données qui ont été récoltées. En effet, les données géographiques peuvent être basées sur différents référentiels et nomenclatures. Le travail à effectuer en 2011 sera de constituer, métier par métier, des bases de données cohérentes, basées sur un langage commun.
Il sera donc nécessaire de concentrer les énergies des membres et partenaires de GéoPicardie afin d’animer le développement de ce langage commun.
4.1.2 La réponse aux attentes des usagers
GéoPicardie est perçu comme la formalisation d’un réseau d’acteurs qui s’est constitué naturellement en Picardie. Désormais, ces acteurs peuvent collaborer au sein d’une coordination officielle.
L’organisation du projet a déjà permis de mutualiser les données et de baisser les coûts d’acquisition de nouvelles données. En ce sens, GéoPicardie répond tout à fait aux attentes des collectivités qui font partie de ce réseau.
A l’heure actuelle, le projet est encore en phase de déploiement. Les acteurs du projet sont encore en phase de récolte et d’harmonisation des données géographiques. Il est donc difficile de fournir des données quantitatives et qualitatives précises.
4.1.3 Les points forts du projet
Le projet repose sur un mode de gouvernance entièrement partagée entre les cinq membres. Chaque décision doit se faire à l’unanimité, aucune prise de position partisane n’est possible.
La mutualisation (des informations, des moyens) est un axe fort du projet GéoPicardie.
Le groupement de commandes permet aux membres de GéoPicardie d’accéder à des données onéreuses, qu’ils n’auraient pas pu obtenir seuls.
Par ailleurs, le projet permet de faire émerger des envies de collaboration sur de nouveaux projets, de développer des échanges entre les structures participant à GéoPicardie.
4.1.4 Les points faibles du projet
La gouvernance partagée permet certes une gestion démocratique du projet, mais nécessite de trouver systématiquement des consensus… Le processus décisionnel peut être long.
Le comité de pilotage permet de gérer efficacement un projet. Cependant, il n’est pas toujours aisé de mobiliser en même temps les directeurs généraux des Départements, de la Région, et le Secrétariat Général pour les Affaires Régionales.
Le portail internet tarde à être mis en ligne. Actuellement, les membres de GéoPicardie étudient les différentes plateformes de gestion de données géographiques disponibles. Cet outil devient essentiel afin d’avancer plus efficacement dans le programme et de développer une communication sur GéoPicardie.
4.1.5 Les perspectives d’évolution
Il reste encore à mettre en place des bases de données cohérentes pour répondre à différentes thématiques. Par exemple, un référentiel doit être créé afin que chaque membre de GéoPicardie puisse utiliser les mêmes nomenclatures pour qualifier les zones d’activités sur leurs territoires.
A un niveau plus technique, il sera nécessaire de travailler sur les métadonnées, c’est-à-dire les référentiels qui permettent de qualifier des données en fonction de caractéristiques communes. Un travail de convergence entre toutes les infrastructures de métadonnées sera alors nécessaire.
Dès 2011, le portail sera mis en ligne. Ce dernier nécessitera un travail d’animation, et une communication autour du projet pourra être lancée.
Enfin, ce portail sera connecté à un portail national de données géographiques (le GéoCatalogue) et au portail INSPIRE.
4.2.1 Appréciation du porteur de projet
A l’heure actuelle, il est encore trop tôt pour apporter une appréciation précise sur le projet. Mais dans tous les cas, GéoPicardie officialise des échanges entre les acteurs des SIG en Picardie.
Les porteurs du projet sont satisfaits de pouvoir développer ce projet et espèrent lui donner une évolution constante.
4.2.2 Conseils donnés aux futurs porteurs de projet
Comme le précise M. Ansard, « l’essentiel est de déterminer avec précision les besoins locaux. Chaque territoire peut développer un programme similaire de mise en cohérence des données géographiques. Cependant, chaque territoire est porteur de particularités, une étude de l’existant est donc essentielle à mener dans un premier temps. Ensuite, il faut identifier des acteurs qui seraient à même d’être intéressés et commencer à créer un réseau avant de lancer le projet. »
Par ailleurs, le mode de gouvernance adopté pour GéoPicardie est possible sur des territoires de taille similaire, avec un nombre d’acteurs restreints. Dans une région plus grande, un autre mode de gestion de projet peut se révéler être plus efficace.
Enfin, les choix techniques opérés doivent correspondre aux connaissances et aux besoins du plus grand nombre. Il est essentiel de définir ensemble ces besoins.
Le projet est innovant de par son mode de gestion. Le choix de mettre en place une gouvernance partagée est le point d’innovation le plus important pour les porteurs du projet.
Par ailleurs, le fait de partager les données avec tous les membres qui participent au projet, quelles que soient leurs contributions, permet de développer un partenariat « gagnant-gagnant ».
Le projet GéoPicardie est également innovant dans le sens où il allie un partage total des données avec une gestion démocratique des orientations du projet. A l’heure actuelle, il n’existe pas d’autre expérimentation similaire en tous points. Certains territoires se sont regroupés afin de mettre en commun leurs données (par exemple, la Bretagne regroupe ses informations géographiques mutualisées sur un portail - GéoBretagne - www.geobretagne.fr) ; mais aucun n’a de gouvernance similaire à celle de GéoPicardie.
La Région Picardie a pris conscience de son rôle d’acteur et non plus seulement de financeur en matière d’information géographique.
En outre, le fait de connaitre l’existence des différentes bases de données permet aux membres de GéoPicardie de les valoriser dans différents contextes. Ce qui permet de réaliser une économie financière intéressante.
Le projet GéoPicardie peut être reproduit sur d’autres territoires. M. Ansard collabore régulièrement avec les responsables d’autres organismes qui mènent une démarche similaire.
A l’heure actuelle, la pérennité de l’action est garantie par le maintien du mode de gouvernance et le partage des données.
La mise en ligne du portail sera également un élément essentiel pour permettre à GéoPicardie de prendre de l’ampleur et de faciliter les échanges entre les membres et les partenaires.
Enfin, l’embauche d’une personne chargée de l’animation du projet et du portail sera un gage de pérennité du projet.







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