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Les maisons et les salles de la Communication de l’Aisne : rendre accessibles les T.I.C.

Initiative analysée (monographie) dans le cadre du projet IRIS; Rédigé par Guery Florence publié le 21 novembre 2003 , mise à jour le 16 avril 2008

Description du projet : en équipant 57 collèges du département et en créant 14 maisons de la Communication, le conseil général de l’Aisne a entendu mettre en œuvre une politique de désenclavement numérique. Cette initiative a permis d’offrir aux collégiens et au grand public un accès à internet, une initiation à l’outil informatique et plus largement aux outils multimédias, et ainsi de les sensibiliser à ces nouveaux usages.
Type d’initiative : espaces publics multimédias.
Territoire de projet : département de l’Aisne.
Porteur(s) du projet : Conseil général de l’Aisne.
Date de lancement : 1999.
Avancement (à la date de recueil) : opérationnel.
Date de recueil de l’information : septembre 2006. _ Cible : Etablissements scolaires, grand public

Thèmes, domaines d’action : Administration et services publics , Education formation recherche
Niveau de territoire de projet : Départemental
Départements : Aisne (02)
Régions : Picardie

1- Contexte et objectifs du projet

1.1 Contexte et origine du projet

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont pour les départements un moyen de désenclavement du territoire au même titre que les infrastructures routières. L’inaccessibilité ou le très faible développement des usages des TIC deviennent un nouveau facteur d’exclusion, contre lequel il faut lutter, car ils risquent de creuser l’écart existant entre les populations, suivant leur localisation et leurs niveaux scolaire et social. Conscient de cette situation et des enjeux politiques, économiques et sociaux qui s’y rattachent, le conseil général de l’Aisne, a pris en 1998 l’initiative de lancer un plan départemental de développement des usages TIC, pour un montant de 4,58 millions d’euros sur trois ans. Ce projet, fruit d’une réflexion émanant de l’assemblée départementale, a été mis en oeuvre sur trois ans dès 1999 avec deux axes de déploiement.

Le premier axe, qui consiste à favoriser l’accès aux TIC d’un large public, est assuré à travers la réalisation des maisons de la Communication (14 maisons réparties sur le département - le projet a été réalisé en 2 ans). Il procède de la volonté de fournir un moyen d’accès aux services de la société de l’Information et d’offrir une formation de base pour toutes les populations (administrés, administration et entreprises) à l’usage de ces nouveaux services. Il ne s’agit donc pas seulement d’une politique de sensibilisation aux TIC par la simple mise à disposition de matériel, mais d’une véritable politique d’accompagnement et de suivi en faveur d’une appropriation des outils TIC par le plus grand nombre. Partant ainsi de l’idée qu’à travers une meilleure compréhension et une meilleure assimilation des nouvelles technologies, la pérennisation du dispositif sera garantie.

Le deuxième axe, en faveur des collégiens, consiste en l’équipement des collèges : 57 salles de la Communication ont été réalisées sur 3 ans. Il s’inscrit tant dans la volonté de fournir un accès aux TIC que dans celle de développer de nouveaux outils pédagogiques.

1.2 Objectifs et enjeux

Il s’agit dans un premier temps d’assurer le désenclavement numérique du territoire, tout en assurant l’accès du plus grand nombre aux TIC et dans un deuxième temps de lutter contre l’exclusion, en évitant une rupture sociale dans l’usage des TIC.

A cette fin le projet fixe plusieurs objectifs, notamment, celui de sensibiliser les différentes populations aux TIC, en assurant une formation et en favorisant de nouveaux usages. Le principe général consiste donc à mettre en place des espaces d’animation (maisons de la Communication) autour des NTIC ouverts à tous les publics. Dans ces lieux, tous équipés à l’identique, chaque personne pourra venir s’informer et utiliser des logiciels de bureautique, des encyclopédies sur cédéroms, internet… et communiquer par courrier électronique.

2- Description et organisation du projet

2.1 Les acteurs du projet

Plusieurs acteurs se sont mobilisés pour cette expérience :

  • le Conseil général de l’Aisne à la fois maître d’oeuvre et maître d’ouvrage du projet,
  • les communes ou syndicats de communes,
  • les collèges.

Parallèlement au dispositif d’équipement des collèges, réalisé en partenariat avec les services départementaux de l’inspection académique, ont été créé quatorze espaces multimédias appelés maisons de la Communication. Celles-ci sont implantées à l’initiative de projets communaux ou intercommunaux sur l’ensemble du territoire et sont ouvertes à tout public. Trois sont des salles de la Communication qui sont accessibles au public en dehors des horaires d’ouverture des établissements où elles sont installées.

Le département a donc offert, aux communes qui le souhaitaient, la possibilité de s’associer au projet et d’obtenir l’installation du matériel informatique, ainsi que la mise à disposition d’un animateur rémunéré par le conseil général ; à charge pour ces communes de mettre à disposition l’espace nécessaire à la création desdites maisons et aux collèges, de fournir l’espace qui sera affecté à la création des salles de la Communication.

Au final, le Conseil général a assuré la conceptualisation du projet, son financement, sa mise en oeuvre et la maîtrise d’ouvrage. Toutefois, s’agissant de la gestion courante, de la nature des services proposés etc., le conseil général a laissé une large marge de manoeuvre aux communes et syndicats de communes. Il convient également de relever le soutien financier du FEDER pour les communes éligibles.

Au terme des 5 années de convention de mise à disposition, les collectivités (communes ou groupements de communes) ont repris la gestion des maisons de la Communication, après remise à niveau du matériel par les techniciens du Conseil général.

Ces maisons du territoire de l’Aisne sont présentes sur 14 sites communaux dont trois sont implantées dans des collèges. Au nombre de ces sites, on trouve : · Vic-sur-Aisne · Chezy-sur-Marne · Ribemont · Bohain · Hirson · Lesdins · Anizy-le-Château · Brasles · Le Nouvion en Thierache · Rozoy-sur-Serre · Chauny . La Fère . Vervins . Cuffies

Les salles de communication des collèges ont été rétrocédées aux établissements au terme de 4 années de la convention de mise à disposition, après remise à niveau du matériel par les techniciens du Conseil général.

2.2 Les services proposés

Les services proposés (gratuits la plupart du temps, voire accessibles à un coût symbolique) peuvent varier d’un espace à l’autre. D’une façon générale, un accès matériel (avec plusieurs ordinateurs reliés à internet) est offert, avec la possibilité, entre autres, de créer une adresse électronique. Une formation à l’informatique (notamment aux outils bureautiques les plus classiques), ainsi qu’aux outils d’accès à internet (navigateur, messagerie, recherche d’informations) est également assurée. Enfin, une formation plus technique aux outils multimédias (photo, dessin, musique…) est possible en fonction du matériel disponible dans les différents espaces.

2.3 Les publics bénéficiaires

Au-delà de ces nouveaux services offerts à un public de collégiens, l’objectif est d’offrir le plus large accès possible à tous, qu’il s’agisse de citoyens (jeunes, retraités, demandeur d’emploi…), d’entreprises, d’associations ou d’administrations.

2.4 La dimension financière

Le département de l’Aisne a financé ce projet avec l’aide partielle du FEDER pour les communes éligibles. En effet, une demande de financement avait été déposée en 2001 pour l’équipement de 8 maisons de la Communication. Seul un projet n’ayant pas abouti, sept maisons ont donc été financées à hauteur de 30% grâce au soutien du FEDER. Les communes ou syndicats de communes ont, de leur côté, apporté les locaux nécessaires à l’installation des maisons de la Communication et le mobilier. Le coût moyen relatif à l’équipement d’une maison se situe aux alentours de 42 000 €.

3- La mise en oeuvre du projet

3.1 Les étapes de mise en oeuvre

La réalisation de ce projet amorcé dès 1998 est aujourd’hui achevée.

Il a été mis en œuvre sur trois ans dès 1999 avec deux axes de déploiement, les maisons (11 + 3 dans des salles de la Communication de collèges) et les salles de la Communication (57).

3.2 Les méthodes

Après une définition des objectifs au niveau du conseil général, un cahier des charges a été rédigé en vue d’un appel d’offres. L’objectif étant de conclure un marché public sur performances.

3.3 Les moyens techniques

Selon les communes le niveau d’équipement des salles et la forme des prestations proposées peuvent varier. La prestation diffère selon le public (administration, entreprises, grand public…) mais aussi selon le niveau (demande d’initiation, niveau confirmé…). L’équipement de base d’une salle est, en principe, toujours le même. Toutefois, une maison pourra proposer plus spécifiquement un atelier vidéo si elle dispose, outre le matériel informatique et la connexion internet, d’un caméscope numérique, d’une carte d’acquisition, d’un programme de montage, etc. De même, une autre maison pourra proposer un atelier de musique si elle dispose alors du matériel spécifique nécessaire pour la formation à la musique assistée par ordinateur. Enfin, d’autres espaces s’orientent vers des activités plus ludiques avec des jeux en réseau, ou plus didactiques grâce à la mise à disposition de logiciels d’apprentissage (dactylographie, code de la route etc.). En dehors de ces prestations spécifiques, chaque salle de la Communication peut assurer un accès à internet, un accompagnement scolaire, l’initiation aux logiciels bureautiques, une présentation des différents moyens de communication (messagerie, webcam etc.).

3.4 Les moyens humains

L’emploi-jeune, affecté par le département dans chaque espace créé, a assuré un rôle d’animateur et de tuteur aux missions diverses : l’accueil du public, l’accompagnement, l’assistance et la formation aux outils bureautiques et multimédias. Il est intéressant de relever que les emplois-jeunes ont pu bénéficier de formations qualifiantes et diplômantes visant à leur permettre d’accéder au marché du travail à l’issue de leurs contrats.

Ce sont en tout près de 70 animateurs qui ont été recrutés en 1999-2000 pour soutenir l’action des lieux de développement des usages TIC.

Au fur et à mesure des départs des animateurs départementaux dans les salles rétrocédées aux collèges, l’inspection académique a affecté des animateurs TICE dans certaines des salles de la Communication, en remplacement des emplois-jeunes arrivant à échéance.

3.5 La communication sur le projet

La presse locale a été un vecteur relativement important de communication sur le projet.

4- Bilan et perspectives

4.1 Les éléments de bilan

Si dans l’ensemble le projet apparaît comme une réussite, il n’en reste pas moins vrai que la sensibilisation aux TIC ne touche pas tous les publics envisagés ou de manière encore insuffisante.

Avec la fin du dispositif emplois-jeunes et la cession des maisons et des salles aux communes et groupements de communes, l’animation et la pérennisation de ces lieux est le fait des acteurs locaux.

En ce qui concerne les collèges, l’inspection académique a décidé d’affecter des animateurs pour assurer un suivi auprès des publics fréquentant les salles de la Communication.

4.1.1 Atteinte des objectifs

L’objectif d’équipement des communes et collèges a été atteint.

Les maisons connaissent des taux de fréquentation relativement satisfaisants, notamment de la part des jeunes de moins de 25 ans.

A titre d’exemple, le bilan réalisé au 30 novembre 2002 estimait ainsi le nombre de visiteurs mensuels étaient de : Anizy-le-Château : 257 Brasles : 622 Chauny : 830 Hirson :280 La Fère : 1079 Vic-sur-Aisne : 611

Ce même bilan réalisé au 30 novembre 2003 donne les résultats de fréquentation mensuelle suivants :

  • Anizy-le-Château : 235
  • Bohain : 301
  • Brasles : 620
  • Chauny : 986
  • Chézy-sur-Marne : 0 (absence provisoire d’animateur du fait de la fin de l’emploi-jeune le 01/09/2003)
  • Cuffies (dans le collège) : 4
  • Hirson : 0 (absence provisoire d’animateur du fait de la fin de l’emploi-jeune le 01/09/2003)
  • La Fère : 973
  • Le Nouvion-en-Thiérache : 190
  • Lesdins : 77
  • Ribemont (dans le collège) : 84
  • Rozoy-sur-Serre : 124
  • Vervins (dans le collège) : 90
  • Vic-sur-Aisne : 708

Ce même bilan réalisé au 30 avril 2004 donne les résultats de fréquentation mensuelle suivants :

  • Anizy-le-Château : 423
  • Bohain : 422
  • Brasles : 470
  • Chauny : 809
  • Chézy-sur-Marne : 412
  • Cuffies (dans le collège) : 19
  • Hirson : 441
  • La Fère : 872
  • Le Nouvion-en-Thiérache : 177
  • Lesdins : 89
  • Ribemont (dans le collège) : 0
  • Rozoy-sur-Serre : 95
  • Vervins (dans le collège) : 51
  • Vic-sur-Aisne : 333

Des retours d’expériences significatives ont permis de recueillir le niveau de satisfaction du public. Notamment, l’expérience d’un chef d’entreprise qui voulait s’initier aux outils bureautiques et à l’utilisation d’internet et le témoignage d’un demandeur d’emploi qui souhaitait acquérir une compétence informatique et bénéficier de l’apport d’internet dans sa recherche d’emploi. Enfin, il y a celle d’une personne âgée qui désirait maintenir un contact régulier avec son petit-fils expatrié en Australie.

Le projet répond donc, pour l’essentiel, aux objectifs fixés. Il reste cependant à sensibiliser la partie de la population la plus hermétique qui ne se sent pas nécessairement concernée par la question de l’accès et de l’usage des TIC.

4.1.2 Les points forts du projet

L’impact est avant tout social, la maison de la Communication en tant que lieu de contacts, d’échanges, de communication favorise donc la création de liens sociaux ou les renforce. En outre, ayant vocation à être un espace accessible à tous et offrant un accès du plus grand nombre aux TIC, elle participe en ce sens à la résorption de la fracture numérique, à l’appropriation des TIC et au développement des usages.

4.1.3 Les points faibles du projet

Dans la mesure où il s’agit de sensibiliser une partie de la population à l’usage des TIC, un certain nombre de personnes, après quelques séances de formation, franchissent le cap de l’acquisition de matériels informatiques. Il en résulte une chute de la fréquentation de certains espaces. Le caractère négatif de cet élément est toutefois à relativiser puisqu’il est paradoxalement une illustration de la réussite, pour partie, du projet.

Un autre point faible du projet résulterait aussi du ciblage. Certaines communes voient les Maisons tourner au ralenti à certaines plages horaires. Cela résulte d’une implantation mal adaptée sur de trop petites communes et souvent, en dehors des adolescents ou des enfants, le public qui pourrait être intéressé n’est pas suffisamment important. La pratique démontrant qu’au-delà de trois kilomètres les personnes se déplacent plus difficilement.

4.2 Appréciation du porteur de projet

5- Critères d’évaluation

5.1 Innovation

De nombreux acteurs publics se montrent particulièrement intéressés pour reproduire l’opération menée à titre expérimental dans l’Aisne. Cela témoigne en faveur du caractère innovant du projet.

5.2 Impact

Même si les Maisons et les Salles de la communication n’ont pas encore réussi à sensibiliser la partie la plus hermétique de la population, elles ont déjà touché un public très varié (étudiants, demandeurs d’emploi, entrepreneurs, personnes âgées…).

5.3 Reproductibilité

La reproductibilité d’un tel projet est parfaitement envisageable. Toutefois, il convient de prêter une attention particulière au dimensionnement du projet. Le projet doit être initié dans des zones rurales ou d’une façon générale dans des zones où la population est faiblement équipée en matériel informatique. Dans le cas d’une initiation en milieu rural, il faudrait sans doute éviter les trop petites communes.

5.4 Pérennité

D’une part, le taux d’équipement croissant des foyers en matériel informatique comme les difficultés du ciblage sont autant d’éléments qui pourraient porter atteinte à la pérennité du projet pour certaines communes ou groupement de communes. D’autre part, le matériel informatique présent dans les maisons et les salles de la Communication deviennent vite obsolètes.

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