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R3LR, le réseau régional de la Recherche du Languedoc-Roussillon

Initiative analysée (monographie) dans le cadre du projet IRIS; Rédigé par LAVOCAT Eric publié le 5 juin 2003 , mise à jour le 28 mai 2007

Description du projet : Le réseau régional de la Recherche et de l’Enseignement supérieur du Languedoc-Roussillon (R3LR), avec ses composantes haut débit montpelliéraine (HDMON) et nîmoise (RHDN), comprend une dorsale à très haut débit entre les principales villes de la région, sur laquelle se raccordent les établissements, les réseaux locaux ou les réseaux métropolitains.

Type d’initiative : Réseau régional haut débit
Territoire de projet : Région Languedoc-Roussillon
Porteur(s) du projet : Conseil régional du Languedoc-Roussillon
Date de lancement : 10/2001
Avancement (à la date de recueil) : Opérationnel
Date de recueil de l’information : 01/2007
Cible : Lycées, établissements d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que d’autres communautés telles que musées, écoles d’art, organismes publics ou parapublics (Chambres consulaires, offices de tourisme)

Thèmes, domaines d’action : Aménagement urbanisme habitat transport
Niveau de territoire de projet : Régional
Régions : Languedoc-Roussillon
Mots-clés "transversaux" : accessibilité
Date de lancement du projet : 1993

1- Contexte et objectifs du projet

1.1 Contexte et origine du projet

La création du réseau régional de la Recherche et de l’Enseignement supérieur du Languedoc-Roussillon (R3LR) s’inscrit dans le mouvement du déploiement des plaques régionales RENATER à partir de 1993. Les régions ont ainsi été amenées à contribuer au financement (en raison, notamment, des tarifs élevés de France Télécom), afin de raccorder tous les établissements de recherche, dont certains sites éloignés, et répondre ainsi à des impératifs d’aménagement du territoire.

Le R3LR a été créé en 1993 par une convention région Languedoc-Roussillon / France Télécom, qui permettait à l’opérateur, par une avance sur recettes, de mettre en place le réseau et de réduire la facture des établissements raccordés. En 1998, l’ouverture à la concurrence du marché des télécommunications a impliqué que l’opération soit portée par un maître d’ouvrage unique afin de respecter les contraintes liées aux marché publics tout en assurant une cohérence régionale en termes d’accès et de débit sur tout le territoire.

La Région, maître d’ouvrage, a engagé la procédure et négocié les tarifs au niveau régional pour l’ensemble des organismes raccordés. Le marché conclu en 1999 avec le seul opérateur candidat (France Télécom) est arrivé à son terme en 2002. Son renouvellement a fait l’objet d’une consultation en 2002, élaborée sur la base d’un cofinancement Etat-région, tel que prévu au contrat de plan Etat-région 2000-2006. Depuis 2005, le nouveau marché comprend deux titulaires : France Télécom et Neuf Cegetel.

Le principe de R3LR est de constituer une dorsale à très haut débit entre les principales villes de la région. Sur cette dorsale aboutissent ou aboutiront les réseaux de collecte sur lesquels se raccordent les établissements et les réseaux locaux ou métropolitains.

Parallèlement, la Région a pris l’initiative de cofinancer la création d’infrastructures de télécommunications permettant la constitution de réseaux indépendants à haut débit. L’une des premières opérations réalisées est HDMON, un réseau à très haut débit qui relie la plupart des unités d’enseignement supérieur et de la recherche de Montpellier.

HDMON est constitué de trois boucles qui forment trois accès mutualisés à très haut débit en remplacement des multiples accès individuels à moyen débit sur le réseau régional, en reliant établissements et campus, par l’installation de fibre optique ou d’équipements de faisceaux hertziens :

  • boucle Agropolis-Baillarguet, constituée par un faisceau hertzien qui relie à 155 Mb/s le parc de Baillarguet à celui d’Agropolis et une fibre optique raccordant le parc technologique à cet ensemble ;
  • boucle Saint-Priest, en fibres optiques raccordant au campus CINES-LIRMM, d’une part l’INSERM, l’IGH et l’ensemble du campus, d’autre part l’Ecole de Chimie, reliée par le biais du réseau hertzien de l’université de Montpellier 1 à tous les sites de l’UM1 jusqu’à Richter (sud de Montpellier) ;
  • boucle Vert Bois, en fibres optiques, entre l’UM2, le CNRS (route de Mende) et l’UM3.

1.2 Objectifs et enjeux

Les principaux objectifs sont :

  • le raccordement des réseaux de collecte sur lesquels sont connectés les établissements et les réseaux locaux ou métropolitains à une dorsale haut débit reliant les principales villes et elle-même raccordée au réseau RENATER III ;
  • le raccordement des collèges des Pyrénées-Orientales et du Gard, et – en cours de discussion avec les conseils généraux concernés – des autres départements ; le raccordement des sites culturels, pour lequel des discussions sont en cours ou ont débouché sur des chantiers en cours ;
  • l’ouverture du R3LR à d’autres communautés d’utilisateurs : musées, écoles d’art, organismes publics ou parapublics participant au développement de la Région (chambres consulaires, offices de tourisme…).

Il s’agit cependant, prioritairement, d’organiser pour tous les lycées l’accès permanent à haut débit sur le réseau régional et l’internet par RENATER, le fournisseur d’accès à l’internet pour l’éducation. Trois établissements sont déjà reliés à R3LR à titre expérimental : lycée Méditerranée et lycée Agropolis à Montpellier, lycée Philippe-Lamour à Nîmes.

Simultanément, le câblage interne des établissements est poursuivi afin de mutualiser un seul accès extérieur et de favoriser l’usage des T.I.C. dans toutes les disciplines et tous les lieux de l’établissement.

Parallèlement, outre l’accès à RENATER, R3LR vise à développer des usages de transferts de données, d’images et de sons entre les sites raccordés, d’accès aux ressources de calcul du CINES, de télé-enseignement.

2- Description et organisation du projet

2.1 Les acteurs du projet

Le maître d’ouvrage est la région Languedoc-Roussillon.

Le Centre informatique national de l’Enseignement supérieur (CINES) qui héberge le point de raccordement à RENATER abrite également le point de concentration régional de R3LR.

La maîtrise d’œuvre est différente selon les lots :

  • Lot 1 (dorsale et service) : France Télécom ;
  • Lot 2 (réseau capillaire) : France Télécom & Neuf Cegetel ;
  • Lot 4 (accès à l’internet) : France Télécom & Neuf Cegetel.

Au plan juridique, R3LR est porté directement par la Région. Le réseau est fondé sur le principe d’un réseau privé virtuel. Le marché pour la constitution du réseau n’a pas porté sur la création d’infrastructures, mais sur l’achat aux deux opérateurs retenus, d’un service de transport de données de type liaison permanente à haut débit vers le réseau national et international.

Par ailleurs, les trois boucles de Montpellier (HDMON) forment trois réseaux indépendants qui ont nécessité la mise en place d’infrastructures de télécommunications réalisée sous trois maîtrises d’ouvrage :

  • le CIRAD pour la boucle Agropolis – Campus Baillarguet ;
  • le CNRS pour la boucle Saint-Priest – ENSCM pour le tronçon qui la concerne ;
  • l’université Montpellier 2 pour la boucle Vert Bois.

Pour le réseau nîmois, tous les organismes d’enseignement supérieur de Nîmes ont été concernés, avec un cofinancement de la Région.

2.2 Les services proposés

Ce réseau régional haut débit doit permettre à l’ensemble des organismes raccordés de dialoguer via un support performant autorisant l’utilisation de l’image et du son et d’être connectés au réseau RENATER.

Il sera possible de visualiser des résultats à distance, d’interroger de volumineuses bases de données, d’utiliser les ressources de calcul du CINES, de faire des visioconférences et de pratiquer le télé-enseignement.

Les sites sont raccordés à des niveaux de débits de 2 Mb/s à 1 Gb/s, via 4 POP (Points Of Presence) de KapTech-LDCom installés à Alès, Nîmes, Montpellier et Perpignan.

Le point de concentration régional (PCR) est installé au CINES, à Montpellier, à proximité de l’équipement RENATER, afin d’optimiser la liaison entre le réseau régional et le réseau national et international.

La Région souscrit un accès de base pour chacun des sites raccordés. Chaque établissement est appelé à financer sur ses fonds propres les augmentations de débit qui lui seraient nécessaires.

Les trois réseaux de campus qui forment HDMON sont reliés entre eux et au réseau régional par trois accès à 1 Gb/s souscrits à France Télécom dans le cadre du marché R3LR.

Services proposés :

  • communication inter-sites sur une plaque : 2 Mb/s à 1 Gb/s ;
  • communication inter-plaques HDMON : 1 Gb/s ;
  • communication inter-sites à haut débit ;
  • accès à l’internet RENATER ;
  • interrogation de bases de données ;
  • utilisation des ressources de calcul du CINES ;
  • visualisation de résultats à distance ;
  • visioconférence et télé-enseignement.

2.3 Les publics bénéficiaires

Le réseau R3LR s’adresse aux lycées, aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi qu’à d’autres communautés d’utilisateurs : musées, écoles d’art, organismes publics ou parapublics participant au développement de la Région (chambres consulaires, offices de tourisme…).

2.4 La dimension financière

Le réseau régional R3LR est financé à 50% par l’Etat et à 50% par la Région dans le cadre du CPER, pour un montant total de 1 220 000 € la première année.

Le réseau HDMON représente quant à lui un budget d’investissement de 732 200 € financé par la Région pour 475 400 € pour le génie civil et la pose de fibre optique, soit 65 % du coût total, et par les établissements impliqués à hauteur de 256 800 € pour les équipements actifs du réseau. Le coût annuel des trois raccordements HDMON est de 186 372 € financé à 73,75 % par la Région (137 455 €), le solde restant à la charge des établissements (48 917 €).

3- La mise en oeuvre du projet

3.1 Les étapes de mise en oeuvre

Automne 2001 : rédaction du cahier des charges dans le cadre d’un comité de pilotage avec des représentants des utilisateurs déjà raccordés à R3LR.

Janvier à mai 2002 : lancement de la procédure d’appels d’offre. Signature du marché et établissement des bons de commande.

1er août 2002 : ouverture du service.

Jusqu’en octobre 2002 : mise en oeuvre progressive.

2004-2005 : mise en place du réseau haut débit nîmois (RHDN).

2005 : nouvel appel d’offre.

Septembre-octobre 2005 : mise en place du site internet.

3.2 Les méthodes

La mise en œuvre du réseau R3LR est organisée en quatre lots :

Lot 1 : l’artère de transport Alès-Nîmes-Montpellier-Carcassonne-Perpignan (ou backbone). Débit : 1 Gb/s. Il a été attribué à KapTech-LDCom lors du premier marché puis à France Télécom depuis 2005.

Lot 2 : le réseau capillaire. Il a été attribué à France Télécom et KapTech-LDCom lors du premier marché, puis à France Télécom et Neuf Cegetel depuis 2005. Sur Montpellier, le réseau HDMON est relié par BLR (exploitant : France Télécom)

Lot 3 : le service. Il a été attribué à KapTech-LDCom puis regroupé avec le lot 1 depuis 2005.

Lot 4 : l’accès à l’internet alternatif. Il a été attribué à plusieurs fournisseurs d’accès à l’internet : Lambdanet, France Télécom… puis depuis 2005 à France Télécom et Neuf Cegetel.

3.3 Les moyens techniques

Le réseau R3LR est conçu sur le modèle d’un réseau privé virtuel et utilise donc les infrastructures existantes des opérateurs partenaires (fibres optiques, faisceau hertzien…).

Le point de concentration régional est hébergé au CINES.

3.4 Les moyens humains

La mission T.I.C. du Conseil régional, composée d’une chargée de mission, a piloté la mise en œuvre du réseau R3LR. Celle-ci est désormais assurée par le service Transport et Mobilité, en charge des T.I.C., des routes, des aéroports et des voies navigables.

Un poste a été ouvert, pour recruter une personne en charge des T.I.C. au sein de ce nouveau service.

La mission T.I.C. a été accompagnée par la société EMSYS pour la rédaction du cahier des charges, le suivi du déploiement et la coordination.

3.5 La communication sur le projet

Une présentation du réseau R3LR figure sur le site internet du Conseil Régional.

4- Bilan et perspectives

4.1 Les éléments de bilan

4.1.1 Atteinte des objectifs

Le réseau haut débit R3LR est totalement opérationnel depuis septembre-octobre 2002 (rentrée universitaire).

Le passage de l a plaque régionale RENATER au réseau régional haut débit répond à une demande de la communauté d’enseignement et de recherche de la région pour développer les usages du haut débit dans l’éducation et la recherche, ainsi qu’à la demande d’autres communautés d’utilisateurs : musées, écoles d’art, chambres consulaires, offices de tourisme. Certains de ces établissements sont encore « écartés » de l’accès RENATER.

Le raccordement de tous les lycées de la région a eu lieu, avec deux configurations :

  • pour les lycées situés en zone ADSL (69 sur 85 lycées généraux), un raccordement en ADSL-SDSL depuis la rentrée 2003, après la réalisation de tests sur 11 lycées à partir de mi-avril 2003 ;
  • pour les autres lycées : raccordement par liaison haut débit par satellite.

4.1.3 Les points forts du projet

Par rapport à l’ancienne configuration R3LR, le réseau régional haut débit actuel présente deux points forts :

  • l’implantation d’un opérateur alternatif d’envergure nationale (KapTech-LDCom), qui assure le transport sur le backbone et le service sur le réseau, l’accés à l’internet (à partir du point de concentration régional) alternatif à RENATER étant assuré par France Télécom et Lambdanet (et non LDCom) ;
  • une intervention plus pragmatique du Conseil régional qui n’exclut pas de favoriser les infrastructures là où c’est nécessaire (les réseaux indépendants dans le cadre de HDMON), en mixant les technologies disponibles (fibre optique, faisceau hertzien, BLR, satellite).

4.1.4 Les points faibles : difficultés et freins rencontrés

Ce sont :

  • une certaine lourdeur administrative inhérente à la gestion relativement complexe d’un tel appel d’offres ;
  • la nécessité de mettre en adéquation les spécifications du cahier des charges avec les besoins réels des utilisateurs, les besoins exprimés pouvant être surévalués ;
  • l’insuffisante implication des utilisateurs dans la recherche d’une formule de pérennisation du fonctionnement du réseau ;
  • une mobilisation difficile des crédits de l’Etat affectés à la mise en oeuvre du réseau dans le cadre du contrat de Plan, malgré l’implication des services déconcentrés de l’Etat.

4.1.5 Perspectives d’évolution

Le marché actuel court sur 4 années, de 2005 à 2009. Il devrait donc y avoir une nouvelle consultation en 2007.

5- Critères d’évaluation

5.1 Innovation

Il s’agit principalement d’une innovation dans la démarche adoptée, résolument pragmatique, associant différentes solutions juridiques et mixant les technologies.

5.2 Impact

L’impact est à la fois :

  • économique, avec le déploiement d’une nouvelle offre compétitive de raccordement haut débit ;
  • territorial, en permettant que cette offre concerne aussi des zones enclavées qui, sinon, n’auraient pas été desservies par le haut débit, ou dans des conditions financières peu attractives.

5.3 Reproductibilité

La démarche est reproductible, dans les limites d’un contexte socio-économique et géographique comparable.

5.4 Pérennité

La pérennité dépend pour partie de la mobilisation des utilisateurs dans la recherche d’une formule assurant la viabilité du fonctionnement du réseau régional, ainsi que de l’accompagnement financier de l’Etat, conformément au contrat de plan Etat-Région.

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