Description du projet : Le Pôle d’observation de la société de l’Information (POSI) dirigé par l’Université de la Réunion, avec le soutien de l’Etat et de la Région, est un outil de production, de mutualisation et d’analyse des données sur les T.I.C. à la Réunion et la zone océan Indien. Il définit et renseigne une série d’indicateurs afin d’évaluer les mutations économiques, culturelles et sociales liées à la généralisation des T.I.C. à la Réunion et dans l’océan Indien.
Type d’initiative : Observatoire des T.I.C., dans une logique de mutualisation des études et de partenariats
Territoire de projet : Région La Réunion
Porteur(s) du projet : Université de La Réunion
Date de lancement : novembre 2000 sous la dénomination "CERTIC" (Région-Université) puis 2003 pour le POSI (comité de pilotage agrandi).
Avancement (à la date de recueil) : Opérationnel
Date de recueil de l’information : 09/2006 _ Cible : Institutions, entreprises
Thèmes, domaines d’action : Administration et services publics , Action économique et emploi
Niveau de territoire de projet : Régional
Régions : La Réunion
Il s’agit d’appréhender les spécificités de la diffusion des technologies de l’information et de la communication (T.I.C.) à la Réunion et dans les pays de la zone océan Indien (Madagascar, Maurice…), qui puevent notamment être liées à l’insularité, à l’éloignement, à la jeunesse de la population, à la diversité culturelle, aux revenus des habitants…
En effet, la connaissance des T.I.C. reste foncièrement parcellaire et sectorielle, limitée à quelques éléments quantitatifs de structures, de coûts et de flux. De plus, les politiques publiques n’ont pas encore intégré des mécanismes d’évaluation de leur action, notamment en matière de T.I.C..
Dès 1999, la SEM Protel, chargée de la promotion des T.I.C. à la Réunion, et le laboratoire LCF (langues, textes et communication dans les espaces créolophones et francophones) de l’université de la Réunion se sont associés pour monter un centre informel d’études et d’échanges sur les T.I.C. (CERTIC).
Le changement de statut de Protel, intégré en 2000 à la région Réunion, a mis fin à ce partenariat au profit d’une collaboration plus large : Région, Etat (dont Rectorat), ARTIC… Le POSI (Pôle d’Observation de la Société de l’Information) est créé !
La ligne de financement DOCUP (fonds Europe-Région) qui finançait l’observatoire T.I.C. de Protel est mise à profit pour financer la phase pilote du POSI.
L’enjeu du POSI est d’éviter le creusement des inégalités par les T.I.C., en apportant aux décideurs des éléments d’analyse relatifs à l’impact des T.I.C. sur la société.
Les objectifs du POSI sont :
produire de la connaissance sur les évolutions économiques et technologiques en cours ;
développer un regard critique et global sur la généralisation des techniques d’information et de communication, en croisant des approches différentes (développement économique, aménagement du territoire, action sociale…) ;
participer au débat public, mobiliser et informer un grand nombre de décideurs ;
soutenir la recherche-développement dans le domaine des T.I.C..
Le pôle d’observation est une structure légère, abritée par l’université de la Réunion et animée par un chercheur. Les chercheurs de l’université choisis (ethnographes, géographes, économistes) sont les plus à même de produire des études pertinentes sur la Société de l’information dans l’océan Indien.
Le POSI est structuré autour d’un comité regroupant les chargés de mission T.I.C. des principales institutions partenaires : Conseil régional, Conseil général, préfecture, association réunionnaise des professionnels des T.I.C. (ARTIC), rectorat de la Réunion, université de la Réunion, agence de développement, association des maires de la Réunion (A.M.D.R.), préfecture, centre de veille économique D6…
Les missions du comité de pilotage sont de :
s’assurer que les activités du POSI correspondent aux missions définies ;
définir les orientations du POSI ;
organiser la concertation autour des T.I.C., comme facteur de développement durable à la Réunion.
garantir la qualité scientifique des travaux du POSI et des travaux des partenaires dont il définit les thèmes et valide les procédures ;
produire annuellement un rapport rendant compte des effets de la généralisation des T.I.C..
produire une lettre rendant compte de l’avancée des travaux.
Constitution d’une base de données composée d’indicateurs sur les T.I.C. regroupés en volets thématiques (aménagement du territoire, usages professionnels et domestiques des technologies de communication, formation aux T.I.C., économie des T.I.C. et des services, changements culturels et sociaux, paysage médiatique, etc.).
Ces divers domaines sont agrégés en trois grandes catégories distinguant :
des indicateurs de structures (réseaux, équipements, produits, supports…) ;
des indicateurs de flux internes et externes d’échanges tels que les volumes et les contenus des messages échangés/diffusés,
des indicateurs d’usages, de réception et d’appropriation des technologies par les différents types d’usagers, domestiques et professionnels,
Des fiches types ont été élaborées sur la même structure pour chaque champ et rendent compte de ces résultats. D’autres données, d’ordre plus qualitatives, sont aussi disponibles. Il reste à trouver la manière d’en rendre compte sous une forme simple.
Un rapport final présentant les indicateurs retenus et les conditions d’interprétation, la méthode de recueil de données a été présenté fin novembre 2007 au cours d’un séminaire de clôture.
Réalisation d’un séminaire annuel sur les T.I.C. dans la zone océan Indien.
Production de lettres trimestrielles.
Contribution au pilotage des études thématiques produites par les partenaires.
Ce sont :
les collectivités,
les entreprises,
les administrations,
les différents organismes de recherche (université, IRD etc …),
les étudiants.
Le POSI est financé dans le cadre du DOCUP (fonds Europe-Région) : UE/FEDER (60 %), Région (40 %).
Le coût estimé du projet est de 60 965 euros sur 2003-2007 et la répartition entre les principaux postes de dépense sont :
vacations "chargés d’études" : 37 995 euros,
vacations secrétariat : 4 320 euros,
poste de travail (mobilier, informatique et logiciels) : 4 444 euros,
missions et déplacements : 12 905 euros,
soutien de programme : 1 300 euros.
1999 :
partenariat entre l’université et la SEM PROTEL pour mutualiser les travaux et échanger sur les méthodes (CERTIC) ;
lancement d’un séminaire sur les T.I.C. dans la zone océan Indien avec édition des actes et création d’un logo.
2000 :
la SEM PROTEL devient le service T.I.C. de la région Réunion ;
fin du CERTIC ;
l’université se rapproche de l’ARTIC et de la préfecture.
2001 :
élaboration du projet POSI entre l’université, l’Etat, la Région, l’ARTIC
réunions bimensuelles.
2003 :
signature d’une charte à l’université de la Communication de l’océan Indien ;
obtention d’un financement Région-Europe pour l’emploi d’un chercheur sur 18 mois ;
réunions bimensuelles du comité scientifique et élaboration d’une liste d’indicateurs ;
le POSI est opérationnel.
2004 :
définition des champs d’intervention du POSI ;
élaboration d’une méthodologie de recueil des observables (enquêtes, groupe témoin,..) ;
définition du mode de construction des indicateurs à partir des observables ;
mise à la disposition du POSI des études sur les T.I.C. de l’Observatoire T.I.C. de la Réunion ( filière T.I.C., pénétration des T.I.C. dans les entreprises et les administrations, utilisation des T.I.C. par les particuliers…).
2005 :
définition d’une hypothèse générale et d’hypothèses secondaires servant de fil conducteur pour la construction des indicateurs ;
début de recueil des données et élaboration de fiches indicateurs type pour chaque champ ;
construction d’indicateurs pour les champs filière T.I.C.,
T.I.C. et santé,
T.I.C. et indicateurs généraux (équipement des ménages) et
T.I.C. et indicateurs transversaux (connexion, équipement du territoire,…).
2006 :
conception et réalisation d’une lettre d’information « POSI INFOS Réunion » ;
mise en ligne de la lettre d’information ;
construction d’indicateurs pour les champs : T.I.C. et formation,
T.I.C. et administration publique, espaces publics numériques (EPN) et T.I.C.
Le POSI rend compte au comité au fur et à mesure de l’avancée de ses enquêtes.
Le comité discute puis valide les indicateurs retenus pour chacun des champs définis.
Le chercheur et la chargée d’études produisent des indicateurs pour chacun des champs.
Chaque partenaire verse, selon ses moyens, les observations, études et recherches menées dans le cadre de sa mission et peut intégrer le POSI dans le comité de pilotage de ses études ou solliciter l’avis du POSI tant au niveau de l’élaboration du cahier des charges, le suivi des travaux, que de l’analyse des résultats.
Le POSI dispose d’un bureau à l’université de la Réunion au sein d’un laboratoire de recherche : le LCF (laboratoire de recherche sur les langues, textes et communications dans les espaces créolophones et francophones) qui est une unité mixte de recherche du CNRS (UMR 8143). En termes d’équipement, le POSI a fait l’acquisition d’un poste informatique, d’un ordinateur portable, des logiciels de traitements de données et de dessin (pour la cartographie) et de périphériques d’impression.
Chaque membre du comité contribue à la collecte de données selon ses possibilités et ses travaux.
La valorisation des résultats des enquêtes menées au sein du POSI passe par la présentation de ses résultats auprès des acteurs économiques lors des comités ainsi que des présentations ponctuelles auprès d’un public spécifique en fonction de l’intérêt des études pour ce public (ex : universitaires pour l’enquête Tic et université).
Deux publications ont été réalisées dans la revue MédiaMorphoses N° 15 rendant compte des travaux de l’observatoire.
Une lettre d’information « POSI INFOS Réunion » a été mise au point et les résultats de chaque enquête font l’objet d’un numéro. Cette lettre d’information est principalement diffusée sous forme électronique auprès d’un large public. Elles sont aussi disponibles en téléchargement sur le site du réseau sourir.org.
Des informations sur le POSI sont régulièrement publiées sur le site Web du service T.I.C. de la région de la Réunion : http://tic.regionreunion.com, et dans la revue Protel News : www.protelnews.net. Depuis janvier 2008 , le site de l’Université propose une rubrique sur le POSI : http://www.univ-reunion.fr/posi/
Le POSI participe à l’université de la Communication de l’océan Indien.
Le POSI se constitue une base de ressources principalement grâce aux apports produits par les partenaires.
4.1.1 Atteinte des objectifs
La mise en place d’une méthodologie d’enquête pertinente et transposable à tous les champs. Dans la mesure du possible des indicateurs généraux sont construits et certains sont approfondis auprès d’un groupe témoin.
Les indicateurs sont définis selon les dimensions établies par le POSI, de la fracture numérique et avec pour objectif de lire l’évolution de cette fracture numérique dans la société locale.
Le POSI est une structure fédératrice et une des seules à faire le lien entre les différents acteurs économiques et sociaux de l’île autour des questions afférentes aux T.I.C.. Ainsi les comités sont l’occasion de faire dialoguer les collectivités (région, département), le monde universitaire (chercheurs), le monde économique (entreprises, organismes).
4.1.3 Les points forts du projet
Mise en place d’une méthodologie reproductible. Production d’indicateurs opérant pour une analyse des transformations de la société locale.
4.1.4 Les points faibles du projet
Le POSI a pour objectif de fournir des éléments d’enquête de nature qualitative. Pour répondre à cette exigence, les enquêtes de terrain semblent une des méthodes les plus appropriées et efficaces. Cependant, les moyens humains étant partiels, les enquêtes n’avancent pas au rythme prévu.
Autre constat : la difficulté d’obtenir des données analysables dans les pays de la zone océan Indien (ZOI) pour comparaison avec la situation réunionnaise.
Les nombreuses contributions des partenaires dynamisent le pôle d’observation.
A l’occasion des réunions bimensuelles, une dizaine d’acteurs se mobilisent ce qui démontre l’intérêt du dispositif.
La pérennité de la structure visant à une mise à jour régulière des indicateurs.
Le projet POSI est innovant car il est le premier observatoire à traiter spécifiquement de la zone océan Indien (ZOI). Il se distingue également par la diversité des partenaires, tant privés que publics. Par ailleurs, l’originalité et la valeur ajoutée principale du POSI est qu’il porte sur les usages et non simplement sur les équipements.
Le projet POSI a vocation à devenir un outil d’aide à la décision afin d’accompagner les responsables publics et privés à déterminer les orientations et décisions à prendre.
Le POSI s’insère dans un ensemble d’organismes de mutualisation d’expériences émanant de plusieurs régions. Il s’agit notamment des observatoires : ARDESI (Midi-Pyrénées), ANTIC (Pays-Basque), ARTESI (Ile-de-France) ou bien encore SOURIR (Aquitaine).
L’essence même du travail du POSI est la reproductibilité. L’ensemble est conçu pour que les enquêtes actuellement menées puissent être reproduites à l’identique et que les indicateurs puissent être comparés régulièrement. En conséquence, l’opération n’a de sens que si elle dure dans le temps.
Tout est actuellement mis en œuvre pour que le système soit pérenne en termes de méthode, recueil de données et affichage des indicateurs. Cette pérennisation nécessite la présence au moins à mi-temps d’un chargé d’enquête capable d’assurer le suivi de l’opération. Les conditions actuelles (hébergement et prise en charge administrative par l’université dans le cadre du laboratoire LCF-UMR 8143 CNRS) pourraient être reconduites.